Une leçon de dignité et de courage

Ce vendredi 20 mars 2015, les élèves du collège Marthe Dupeyron ont eu la chance de découvrir une autre facette de leur patrimoine historique. Suite à leur demande au près de leur professeur d'Histoire, Monsieur Malzieu est venu à leur rencontre. Il a été déporté un 25 juin 1944 « A la sortie de la messe, ils [ le service de sécurité du Reich] ont arrêté tous les hommes, dont mon frère, mon beau-frère et moi. Puis ils nous ont tous interrogé » explique le Le Faucheur comme il se faisait appeler à Cheylard l'Evêque. En effet, à l'âge de 19ans, il occupait ses étés à faire les moissons dans le village. Accusé d'avoir ravitaillé des maquisards par le S.D, il a donc été déporté ( après plusieurs arrêts dans divers camps de concentration ) vers le camp de travail forcé de Neuengame. Sa tache consistait à extraire de l'argile sous une ruée de coups de « shlag ». Logés dans de vulgaires abris et nourris avec seulement une tranche de pain et un peu d'eau chaude par jour, c'est ici que la déshumanisation prend tout son sens. Le quotidien du détenu devient alors rapidement un enfer et plus le temps passe, plus l'espoir disparaît. Les élèves n'ont jamais été à cour de questions durant ce riche entretien. Mais comment penser à s'évader, à s'entraider, alors qu'ils étaient réduits à l'état de cadavres ambulants. « Plus rien ne préoccupait notre esprit, mis à part la douleur ». Bien qu'étant un homme avec une grande richesse intellectuelle, l'ancien détenu raconte avec émotion la façon dont son existence c'est progressivement vidée pour laisser place à la terreur. « Il n'y aurait pas d'histoire sans libération » dit-il . Effectivement, le 2 mai 1945, après 1 an d'horreur et d'espérance, Louis Malzieu est libéré. Il se trouve alors dans le camp de Ravensbruck. Les nazis ont fuit et laissé ces êtres, ou ce qu'il en reste, mourant au sol. Contrairement à ce que laissent penser certaines photographies, la libération n'est pas un moment festif. Non, les détenus ne démontrent aucunes émotions. Comment le pourraient-ils ? Ce ne sont même plus des hommes qui gisent ici et là ! Après cela, Le Faucheur a mis plusieurs années pour se reconstruire une âme et un corps. Puis, comme il le dit si bien «  la vie à continuer ».

L'échange s'est terminé par de chaleureux applaudissements et une mise de Louis Malzieu concernant un avenir toujours aussi incertain « Nous non plus nous ne nous y attendions pas »... 

 

Vous trouverez ci-dessous le courrier que M. Malzieu a adressé à Mme Peyrac à la suite de la rencontre :

 

Article rédigé par Mandy Chazalette